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TITUS KAPHAR

25 mai 2020 : le noir Georges Floyd meurt étouffé sous le poids d’un policier blanc. Quelques jours plus tard, un vide fait la Une du Time magazine.

5 Feb 2021

Un enfant qui a disparu a disparu.

Une mère dont l’enfant a disparu tient un enfant disparu.

La disparition n’est pas seulement une question de fait, de réel. 

C’est aussi une affaire de représentation, de signes.

La peinture de l’invisible dit une absence en silence

L’œuvre est de Titus Kaphar, né en 1976 dans le Michigan, exposé en 2020 à Bruxelles par la Galerie Maruni Mercier.

Dans la revue, le peintre écrit aussi :

Cette mère noire comprend le feu. Les mères noires comprennent le désespoir. Je ne peux RIEN changer dans ce monde, mais en peignant, je peux la matérialiser…. Cela m’apporte du réconfort… pas de l’espoir, mais du réconfort.[i]

Quel est ce réconfort ?

Pour le peintre, est-ce celui d’un sentiment de dignité affirmée, partagée, de fraternité, d’une certaine justice par l’hommage ? La conséquence d’une reconnaissance ? 

Cela traduit-il ce qu’il dit dans une interview, et peut apparaître comme la basse continue de son travail : « il y a quelque chose de beau à dire la vérité » ?

Spectateurs, sommes-nous aussi réconfortés ?

Pour les mêmes raisons ?

La disparition de la toile, le trou dans le tissu canevas qui supporte l’image nous font-ils sentir le trou du tissu social qu’est la mort de Floyd ? 

Ce procédé, fréquent dans les œuvres de Kaphar, nous oblige-t-il à sortir, par le paradoxe, de la dualité du présent/absent, plein/vide, parlant/muet ? 

Troublant écho au jeu entre « le visible et l’invisible », titre du livre avec les notes du travail inachevé de Merleau-Ponty. Pour ce philosophe, c’est à travers le corps que nous sommes en contact avec le monde, que nous sommes du monde, que nous participons à la chair du monde à laquelle les autres participent aussi. Le corps, vécu et senti, vu et éprouvé, fait éclater la dualité sujet/objet.

L’émotion fait-elle aussi sauter la dualité autre/moi ? Madame Floyd, c’est nous ?

Assez de lettres.

Regardons et écoutons.

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Encore !

Et si j’ai un désir torride, fulgurant et irrépressible d’être tenu au courant des nouvelles publications ?

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